Raso-rama à Coquelles, ou la politique de la terre brûlée et du mépris des habitants du Calaisis

Cette lettre ouverte a été envoyé par courrier au préfet du Pas-de-Calais et aux élus de l’agglomération Grand Calais Terres & Mers.

Après Calais, Coquelles. Les « autorités » continuent les abattages systématiques d’arbres, arbustes et bosquets naturels simplement parce que, faute d’une politique d’accueil digne, des centaines d’exilé·e·s tentent de s’y abriter. La préfecture, soutenue par des élu·e·s, les déloge, et rase les bois ou sous-bois où ils étaient. Une politique de la Terre Brûlée, stupide, nauséabonde, indigne des enjeux majeurs du XXIème siècle que sont le changement climatique et la solidarité, et qui mobilise sans la moindre efficacité des millions d’euros chaque année.

  • Une politique qui précarise toujours davantage le quotidien de personnes exilé·e·s ;
  • Une politique qui par ricochet, et pour rien, dégrade durablement le cadre de vie naturel dont les habitant·e·s auraient bien besoin en ce moment ;
  • Une politique qui méprise le vivant, humains comme plantations ;
  • Une politique où l’État et des collectivités locales tournent le dos à leurs propres obligations et engagements en matière de lutte contre le changement climatique, de préservation de l’environnement et de la biodiversité, en détruisant par exemple ces haies vives pendant la période de nidification, ou en ne compensant pas ces destructions par des plantations.

Des services de l’État et des collectivités locales qui n’hésitent pas à habiller d’enjeux de protection, d’ordre public ou encore de propreté les actions qu’ils commettent. Lorsque Coquelles achète un terrain dans l’unique but d’en expulser les migrants qui l’occupent pacifiquement, ça en dit long sur la notion de bien public. Les coquellois·e·s apprécieront peut-être cette utilisation de l’argent public.

Les habitant·e·s de notre agglomération, quel·le·s qu’ils·elles soient, voient bien que ce qui se passe est tout sauf une solution. Que pense au fond d’elle-même l’entreprise mandatée pour ces destructions ? Que pense le conducteur du tracteur de ce qu’on lui dit de faire, lorsqu’il voit des arbres sains s’abattre devant lui ? Se sent-il par cette action sans nécessité, valorisé dans son travail ? Que pense au fond de lui-même, d’elle-même, le fonctionnaire de police à qui on ordonne de détruire l’environnement de ces vies précaires, qui ne lui ont rien fait ?

En tous cas, les habitants savent désormais que toutes ces autorités leur mentent :

  • lorsqu’elles annoncent un, des plans de boisement de milliers d’arbres dont les effets bénéfiques sont réduits à néant avant même d’avoir commencé, par les milliers d’arbres qui sont détruits jour après jour ;
  • lorsqu’elles traînent depuis trois ans à produire le pourtant obligatoire « Plan Climat Air Énergie Territorial », et repoussent le plan local d’urbanisme intercommunal qui les obligerait à mettre en cohérence leurs politiques d’aménagement des « Trente Glorieuses », bétonneuses et dispendieuses en espace à souhait.

M. Le Franc, allons nous ainsi raser tous les boisements du Calaisis ? Barricader toutes les friches ? Et après ce sera quoi ?

Par leurs courriers Madame Pompili ministre de la transition écologique, Messieurs Castex, premier ministre et Macron Président de la république, alertés sur ce sujet vous ont déjà demandé de nous recevoir : nous vous demandons l’organisation de cette rencontre afin d’évaluer les mesures immédiates à prendre pour d’une part mettre fin à ces saccages environnementaux honteux de notre territoire et d’autre part compenser les destructions passées.

Conscients des enjeux, notre association fera tout ce qui est en son pouvoir pour que le sens des vraies priorités finisse par s’imposer. L’urgence climatique et la qualité de vie des habitants du Calaisis nous, vous l’imposent.

La pétition à signer en ligne sur change.org